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samedi 4 juin 2022

Les projets tentaculaires - Nadia Coste

  Bonjour à tous!


Débordée par la vie de famille, les enfants, l'écriture qui veut pas, les sorties de livres qui veulent bien (je vous refais un post sur le MOVI de "De si jolies boîtes" très vite!), je laisse traîner mes projets tentaculaires, mais ne vous en faites pas, on les verra quand même tous! 

Aujourd'hui, nous accueillons Nadia Coste pour nous parler de son projet, ou plus exactement de son univers foisonnant!  


La note d'intention est toujours disponible ici, où vous retrouverez aussi l'ensemble des participations en cours et à venir.


Les projets tentaculaires - Nadia Coste




1. Bonjour, qui es-tu ?

Bonjour ! Je suis Nadia Coste, autrice de romans jeunesse depuis 2011 !


2. Peux-tu te présenter rapidement ?

J’habite près de Lyon, j’ai un peu plus de quarante ans, trois enfants, et plus de trente romans publiés. Mon best-seller à ce jour, c’est « Ascenseur pour le futur » aux éditions Syros. J’ai co-écrit la série « Les Chevaliers de la Raclette » (ActuSF/La Marmotte) avec Jean-Laurent Del Socorro, et j’attends avec impatience la sortie de « Vendredi dans la peau de ma prof » chez Syros en septembre 2022, un roman co-écrit avec Silène Edgar !


3. Quel est le nom de ton projet tentaculaire, s’il a un nom ?

Je ne sais pas si le projet a un nom global. C’est plutôt un univers dans lequel se placent plusieurs histoires. Pour résumer très fort, on va appeler ça « Fedeylins » puisque c’est le nom de la première saga (4 tomes) qui a été publiée chez Gründ à partir de 2011.




4. Quel style est-ce ?

C’est clairement de la fantasy. Probablement du merveilleux. Et s’il faut des sous-cases, je dirais de la fantasy animalière.

Je pensais écrire pour adultes, mais finalement, c’est plutôt jeunesse YA (et ça me va bien puisque c’est le genre de livres que j’aime lire).


5. Quel est son type ?

100% roman.


6. Qu’est-ce qui rend ce projet si spécial/précieux/important, rayez la mention inutile ?

Quand j’ai commencé à écrire sérieusement (c'est-à-dire après une phase d’exercices que je ne comptais pas du tout faire publier – dont deux romans, deux pièces de théâtre, et plusieurs nouvelles), j’ai décidé de prendre le temps de trouver LE projet. Celui qui mériterait de devenir « un vrai livre » en ayant conscience que personne ne m’attendait. Je pouvais y passer toute ma vie s’il le fallait, mais, si je ne devais écrire et publier qu’une seule histoire, ce serait celle-là. Quelque chose dont je serai toujours fière, même si on m’en parlait quand je serais vieille.

J’ai donc passé plus d’un an à créer tout l’univers (aujourd’hui, je sais que ce n’était que la base, mais une bonne grosse base quand même). J’ai réalisé qu’en un seul tome, ça n’allait pas tenir… il m’en fallait 4 pour commencer. J’ai passé à peu près un an sur chaque tome, puis un an de réécritures (8 versions du tome 1 avant de trouver un éditeur, six ans de travail entre la première idée et la publication).


 7. Ce projet est-il toujours en cours d’écriture, ou a-t-il été repoussé, mis de côté, ou définitivement abandonné ? Pourquoi, dans tous les cas ?

Alors, les 4 tomes de Fedeylins (500 000 signes, soit environ 500 pages chacun) ont été écrits avant de trouver un éditeur. Mais quand Xavier Décousus, chez Gründ, m’a dit oui, il avait tout lu, et nous les avons sortis tous les 6 mois, ce qui a permis aux lecteurs d’avoir toute l’histoire très vite.

Je m’étais laissé une porte pour retourner dans cet univers… et je l’ai fait en 2018 avec « Jivana », chez ActuSF (Naos). C’est un tome unique qui se passe 20 ans après la fin du tome 4 mais peut se lire sans avoir lu les précédents (normalement).

Aujourd’hui, les 4 premiers tomes ne sont plus disponibles en librairie (j’aimerais leur donner une seconde vie en poche un jour), mais on peut toujours découvrir Jivana.

J’avais fait une carte pour cet univers (obvioulsy) et, quand j’ai commencé à réfléchir à un nouveau projet « qui a le même goût », je me suis rendu compte qu’il pouvait tout à fait prendre place dans un coin de la carte pas encore exploré ! Le nom de code de ce nouveau projet ? « Discrète ».

 



 8. Quand est-ce que tout ça a commencé ?

2004 pour la première idée (qui n’a rien à voir, finalement, avec le résultat, à force d’évoluer et de faire des recherches…).

2011 pour la publication du tome 1.

2019 pour la rencontre avec Discrète et l’évidence que j’allais retourner dans l’univers des Fedeylins.


9. A quel moment tu as su que c’était un projet tentaculaire ?

Assez vite, je pense. Je suis du genre architecte (voire l'article "Un petite déjeuner avec Robin Hobb" pour la définition des architectes et des jardiniers), donc j’ai fait un plan de l’histoire, avec une phrase par chapitre… c’est là que j’ai vu qu’il me fallait 4 tomes. C’était déjà beaucoup pour un premier roman d’autrice inconnue !

Et puis j’avais noté des pistes d’histoires dans le même univers, dès le début, pour mettre de côté des idées qui ne convenaient pas à la première histoire (et éviter le syndrome de vouloir tout mettre dans le premier roman).

J’avais de la matière pour plein de suites, plus ou moins indépendantes… pas étonnant que je sois fan de Robin Hobb !


10. Comment on travaille un projet tentaculaire ? Quels sont tes outils, tes méthodes…

J’ai un gros cahier pour mes notes et recherches, avec le calendrier, les phases des lunes, ce genre de choses. C’est ma bible pour m’y référer en cours d’écriture.

En écrivant « Jivana », je pensais devoir relire les 4 tomes précédents, mais en fait, je connais cet univers par cœur.

Y retourner, c’est comme enfiler le pantalon-test pour vérifier si on a grossi et découvrir qu’il nous va toujours.

Je vais procéder de la même manière pour Discrète (notes, recherches, structure… avant la rédaction chapitre par chapitre, puis plusieurs étapes de bêta-lecture pour corriger et réécrire au besoin).




11. Sous quels aspects se manifeste sa tentacularitude ?

Je pense que la carte est ce qu’il y a de plus flagrant. Dans les tomes 1 et 2, on reste autour du village du premier personnage principal. Dans les 3 et 4, sa quête l’emmène plus loin.

Jivana, elle, parcourt une bonne partie du monde… mais en réalité, il y a encore une bonne moitié non explorée.

Discrète ne croisera pas de Fedeylins (je pense. À ce stade, tout est encore possible), mais nous permettra de rencontrer les peuples de l’ouest, où nous ne sommes pas encore allés.


12. Où en es-tu ?

Il faut que je m’y mette ! Le projet Discrète mûrit depuis 2019, mais je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser pour faire les recherches qui me manquent, structurer son histoire et me lancer (les autres romans, moins tentaculaires, sont passés en priorité). J’ai des images, des scènes. Je sais comment ça commence, comment ça se termine, et une ou deux péripéties importantes entre les deux.

En vrai, il ne me manque pas grand-chose pour attaquer ce morceau. 


13. Et si un jour tu finis, publication ou pas ?

Je l’espère. Ça prendra le temps que ça prendra. Ce n’est pas le truc le plus bankable du monde, donc c’est toujours un peu plus difficile à placer.


14. Qu’est-ce qui aide à garder la motivation face à un projet aussi considérable ?

Pour ma part, maintenant que le gros morceau est fait, je sais que je peux y arriver. Mais pendant les années où j’écrivais sans savoir si quelqu’un allait vouloir de cette histoire, si des lecteurs allaient un jour la lire… je tenais en me disant que je l’écrivais au moins pour moi. Pour voir la fin.


 15. Des doutes, des espoirs ?

J’appréhende un peu le volume (est-ce que je vais réussir à faire tenir cette histoire en un seul tome, comme Jivana ? Je le saurai au moment de la structure).

Il faut que je détermine également à quelle époque cela se déroule (avant ou après le premier cycle) et les incidences que ça génère (du coup). C’est un risque à trouver encore une nouvelle idée pour lier les deux ! J’espère que celles et ceux qui ont aimé les Fedeylins aimeront tout autant (sinon plus) Discrète !



16. Un pitch pour la fin ?

Ouhlà ! Je peux vous faire écouter le pitch des Fedeylins (https://www.youtube.com/watch?v=3SaZb3nMFVU) et celui de Jivana (https://www.youtube.com/watch?v=u-kZKQDe2go&t=5s)  grâce à la chaîne YouTube « De quoi ça parle ? »  que je gère à mes heures perdues…

Quant à Discrète, c’est un peu tôt pour donner un pitch, mais je peux révéler qu’on va suivre une jeune héroïne issue des aqualantes (un peuple avec un côté poisson, mais pas que), qu’on va parler d’écologie et d’agoraphobie (un truc simple). Et il y a d’autres espèces nouvelles, mais toujours à une échelle entre 10 et 20 cm de haut.



Un grand merci à Nadia pour ses réponses et n'hésitez pas à découvrir ses univers, toujours merveilleux. 


A très vite pour un.e nouvel.le auteurice! 


Mélanie Guyard - Andoryss

mercredi 16 février 2022

L'heure de la to-do list (2) - Second service

Bonjour tout le monde! 


Nous sommes à la moitié du mois de février, donc c'est le moment ou jamais de finir la to-do list du premier semestre promise. Pour l'heure, j'ai fini tout janvier (encore heureux) et la moitié de février, à savoir: l'écriture du volume 12 des 5 Terres et le synopsis du prochain roman de littérature générale, nom de code #Anémones. Il faudra que je vous fasse un moodboard et un MOVI (mais d'où vient l'inspiration) pour lui, parce que son cas est spécialement intéressant... Mais ça attendra un peu! Pour l'instant, je suis concentrée sur les trois derniers points de février: je prévois de gérer cette semaine le début du site internet et le dossier pour le Camp Nano, de façon  passer sur #Odyssée pendant les vacances-sans-le-net. Il reste 6 chapitres sur les 18 que compte le roman, JE PEUX LE FAIRE. En tout cas, j'y crois. 

Mais comme vous savez déjà ce qui se passe après, voici la to-do list des trois derniers mois avant l'été!

En avant! 




2022 - Second trimestre

Avril 

  • Mise en bêta-lecture d'#Odyssée
Si tout va bien, Odyssée a été fini et relu en mars. Il est donc prêt pour les bêtas lecteurs! En avril, il ira trouver les motivés de tous horizons, en sachant que la bestiole finale devrait faire un peu moins de 200 Ksec, et donc ne pas être trop trop long. Pour rappel, il s'agit d'un conte - aventure animalier dans la veine de Mouse Guard, Mme Brisby et le secret de nimh, ce genre de chose. C'est voulu pour être un one-shot déclinable en série, avec des personnages - point de vue différents à chaque nouveau tome, donc pouvant tous se lire indépendamment les uns des autres. Une accroche? 

" Il a tant plu près du vieux moulin que l'inondation menace. La communauté des marais n'a d'autre ressource que de se rendre de l'autre côté du lac pour se réfugier au vieux phare, leur havre d'hiver. Mais pendant la traversée, la tempête les surprend et égare des bateaux, quand elle ne les renverse pas. Muet, jeune souris de la communauté, se retrouve ainsi séparé des autres et en charge de deux enfants, survivants comme lui mais avec lesquels il est incapable de communiquer. Ensemble, ils affrontent la forêt et ses dangers pour espérer rejoindre le phare avant l'inévitable rupture des digues." 

Entamé en 2017, il est temps que ce roman se termine! 
  • Vers un site internet - Acte 3
Le site internet poursuit sa route. Si j'ai bien travaillé, je suis en train de le construire: onglet, sous parties, saut d'une partie à l'autre, test, etc. Je commence également à le remplir, mais on est en avril, c'est Camp Nano, donc je ne pourrais peut-être pas avancer autant que je le prévois... 
  • Camp Nano - Chicago 1
ENFIN! Le camp Nano d'avril devrait voir la réalisation du nouveau ET DERNIER premier tome de ma saga de mafia pulp bourrine, dans la veine de Véronica Mars et de Reacher. Oui, je sais, ça vend de la sueur, des rebondissements par centaines et des chargeurs infinis. Ce nouveau ET DERNIER premier volume reprendra la structure de la première moitié de l'ancienne version du volume 1, mais avec plein de rajouts au début. Là où avant je commençais mon histoire après la réunion de mes personnages principaux, j'ai l'intention cette fois-ci de la mettre en scène et de donner beaucoup plus d'informations que dans les versions d'avant... On verra comment je m'en sors le moment venu! Une accroche? 

...Nan je plaisante. Il y aura une note de blog rien que pour lui, qu'est-ce que vous croyez. On balance pas une saga en sept volumes de cette façon sans avoir un minimum travaillé son affaire. Rendez-vous fin mars! 


J'arrive! 



Mai

En mai, ralentissement des programmes. 
  • Vers un site internet - Acte 4
Cette fois-ci, ça déménage. Les articles du blog que je veux conserver, les informations essentielles, bibliographie, biographie et tout le reste, tout arrive en masse sur le nouveau site internet que j'ai créé (j'espère). Il n'est pas encore en ligne, mais commence à prendre forme et à avoir du contenu, ce qui est un bon début. Objectif: le mettre en ligne fin juin. On va y arriver! 
  • Relecture de Chicago 1
Résultat du camp Nano, le volume 1 de ma saga est fini (j'espère bien) pour la DERNIERE FOIS. J'entame donc sa relecture doudou avec un seau de pop-corn et du bonheur non dissimulé. Je le retape, également, parce qu'il y a toujours besoin d'un minimum de travail sur un Nano, on va pas se mentir. Objectif: avoir une version lisible fin mai. 
  • Intégration des corrections d'#Odyssée
Je vais commencer à récupérer les bêtas lectures d'Odyssée et, si tout va bien, à les intégrer. Là encore ça devrait être simple et tout doux. L'objectif est tout aussi évident: avoir une version finalisée en fin de mois, pour le balancer dans les pattes de ma formidable agente. Elle pourra ainsi démarcher les maisons d'éditions et, j'espère, me permettre de remettre les pieds dans les nouveautés jeunesse SFFF. Croisage de doigts. 
  • Fin d'écriture du dossier Multivers
En parlant de remettre un pied dans l'éditions jeunesse SFFF, vous vous souvenez de l'Architective et du Passageur? Armand et Matéo sont dans le même univers, ils sont même dans le même lycée (on a retrouvé Malaurie dans le volume 2 du Passageur) et j'ai tout récupéré mes droits. Du coup, je fais un joli dossier. Devinez pourquoi? Gagné. Pour tenter de les vendre ensemble dans la même maison et qui sait? Vous raconter leurs nouvelles aventures, et celles de Malaurie en prime. Croisage de doigts aussi, ça tombe bien, il restait une main. 
  • Sorties! 
 Du côté de la BD: Courant mai devrait sortir, si ce n'est déjà fait (fin avril, je crois?) le huitième tome des 5 Terres. L'aventure se poursuit à Lys, en sachant que de notre côté, on sera sans doute en train de commenter le storyboard des derniers volumes de ce second cycle... le décalage de sorties est toujours impressionnant. Je vous mettrait un visuel de la couverture sur Instagram dès qu'elle aura été dévoilée! 

 Du côté du jeux vidéos : Mai devrait également voir la sortir en ligne du jeu vidéo auquel j'ai participé et donc je vous parlais dans le bilan 2021. Enfin! J'ai hâte de le voir prendre son envol. 

 Du côté des romans: Courant mai enfin sort également mon nouveau roman de littérature générale au éditions du Seuil, qui a été contraint de changer de nom  parce que Yoko Ogawa a décidé de sortir un roman avec EXACTEMENT LE MÊME TITRE juste avant moi.... du coup, ce sera le mois où vous découvrirez De si jolies boîtes, un roman familiale avec une mère pas commode, une fratrie haute en couleur, un meilleur ami envahissant du vin et plein de macarons. C'est une comédie vaudevillesque, si si. Après L'enfant des Tempêtes, ça va vous changer... Là encore, vous aurez la couverture sur Instagram dès qu'on l'aura. Une accroche en attendant ? Allez, c'est bien parce que c'est vous. 

"Petite dernière d’une fratrie de trois, Juliette Descroix s’est toujours vécue comme le vilain petit canard de la famille. Entre sa sœur Clémence, nymphe parfaite et son frère Simon, artiste éthérée, elle et ses rondeurs déplaisent au dragon maternel. Mais tout change un soir de Noël, quand la terrible Odile offre à sa fille aînée un lot de petites boîtes en bois. Ce cadeau anodin, associé à quelques faux souvenirs et un peu de condescendance, fait voler en éclat le fragile équilibre familial. Commence alors une année de mutation au cours de laquelle les enfants Descroix tentent de se réinventer et où Juliette, parmi eux, essaie de tenir à bout de bras les morceaux de sa famille éparpillée. Mais et si, dans cette période de changement, tout ce qu’elle avait à perdre était justement son statut de mouton noir ?" 





Résultat du sondage pour le changement de titre. 
"De si jolies boîtes" l'emporte avec près de 30% des suffrages. 



Juin

Juin, on ralentit un peu plus, et on finit ce qui a été fait au premier semestre. 
  • Vers un site internet - Dernier acte
C'est la fin du déménagement! Le blog, vidé de son contenu, n'est plus que le brouillon de ce qui a été mis au propre sur le nouveau site. Je prépare la note où j'invite les gens à se déplacer en direction de celui-ci, et si tout va bien, je le mets en ligne à la fin du mois de juin. Le rose et le noir m'a mise en garde sur la quantité de matériel à déplacer, mais je publie TELLEMENT moins qu'elle que je suis optimiste sur le temps de transfert. Peut-être que je ne devrais pas... l'avenir nous le dira. 
  • Mise en bêta-lecture de Chicago
Fini la relecture, Chicago part en bêta lecture chez les habitués de la saga et les nouvelles victimes volontaires. Comme cette nouvelle version va être très différente de précédente, j'ai bon espoir de ne pas ennuyer ceux qui, pourtant, l'on déjà lu au moins trois fois... Il existe un coin de paradis pour vous, les ami.e.s. Et une page de remerciements et des volumes gratuits le moment venus, aussi. EVIDEMMENT. 
  • Bouclages divers et variés
*ranger ici tout ce qui n'a pas été fini, éventuellement: les corrections d'#Odyssée, le dossier Multivers, les trucs surprises qui seraient tombé en cours de route. Et si il n'y a rien de tout ça, DORMIR. (Mais qui y croit?)*  
  • Préparation du second semestre
Et c'est la fin du printemps! Avant de partir en vacances (non) on prépare le programme du second semestre. Il y aura, pêle-mêle au menu: la création des personnages situations et histoire du troisième cycle des 5 Terres, l'écriture vraisemblable des tomes 13 et 14, le Nanowrimo avec un premier jet attendu d'#Anémones, avec bêta lecture et correction en décembre. 

Voilà! On ne va pas s'ennuyer. 


Les anémones des bois, symbole du Nano 2022 en avant première. 



Et voilà! On en a fini avec le premier semestre de 2022 et SI TOUT VA BIEN, la to-do list du second semestre tombera sur le nouveau site. Je veux y croire! Finalement, pas de visuel en avant première, du coup. Il vous restera la page Facebook, twitwi ou le compte Instagram pour voir tomber les visuels dès que je les aurai. On se retrouve très vite pour discuter de l'avancée de tout ça, et faire des points réguliers. 

A très bientôt!


Mélanie Guyard - Andoryss







mercredi 9 février 2022

L'heure de la to-do list (1) - Hello 2022

 Bonjour à tous! 


Nous nous retrouvons pour parler de 2022, et surtout, du premier semestre et de ce qui va le composer en terme de travail et de sorties. Comme je le disais dans la note précédente, je me lance dans une année d'écriture à temps plein, ce qui devrait me permettre de charger un peu la mule. A l'horizon annuel, mes ambitions sont à la hausse: j'aimerais produire cette année deux romans et demi, trois BDs, et avoir à côté au moins quatre projets non planifiés à caser dans les trous. Mais qui, quoi donc, quand ? 

C'est ce que je vais essayer de vous détailler mois par mois dès maintenant. Et comme rien que les six premiers mois déjà ça fait beaucoup, je vais couper ça en deux, hein. Donc en avant pour les trois premiers mois de l'année, déjà bien entamée!  

C'est parti! 



2022 - Premier trimestre


Janvier 

Oui, je sais, janvier est déjà fini, mais est-ce vraiment une raison pour ne pas vous dire ce que j'y ai fait? Je ne crois pas, non. 
  • Editing des Petits Boîtes
Mon prochain roman de littérature générale à paraître aux Editions du Seuil durant le printemps avait besoin d'un dernier passage de correction. Les dernières tournures de phrases à revoir, le changement de prénom de deux personnages... c'est du point de détail à ce stade, mais important tout de même. C'est au moment de cette millième relecture qu'il ne faut surtout pas se hâter mais au contraire faire preuve de vigilance!

Enfin, le roman est parti chez l'éditrice, et il reste désormais à savoir s'il pourra garder son titre de travail après la publication d'un homonyme par une éminente autrice japonaise, évidemment bien plus connue que ma pomme... Je croise les doigts.

On parlera de nouveau des Petites boîtes au moment de sa sortie (printemps 2022), pour détailler son contenu, livrer un petit quatrième de couverture et ces sortes de choses, voir avant sur FB, Twitwi ou Insta pour la couverture dès qu'on l'aura (c'est à dire, quand on aura le titre définitif, aussi, quoi) 

  • Les 5 terres, tome 12, création de la trame
Janvier a aussi marqué le retour aux 5 Terres, et notamment aux réunions de travail avec mes deux complices de crime  collaborateurs, David Chauvel et Ozwalt Jo. Pandémie oblige, ce qui était avant une escape room de plusieurs jours où il fallait trouver le fil idéal pour avoir le droit de sortir est devenu un enchaînement de réunions zoom, mais ça fait du bien de retravailler sur cet univers, et surtout de le faire en parallèle de la sortie du tome 7, quand les lecteurs découvrent des personnages à qui nous sommes nous-même en train de dire au revoir. Donc, réunions, engueulades, nouvelles idées, découpages, et répartition des tâches. J'aurais aimé dire que j'ai réussi à écrire ma partie fin janvier, mais non: ce fut pour février. 


Le teaser du second cycle, tome 7



Février 

Seulement 28 jours, faut pas chômer... 
  • Les 5 terres, tome 12, écriture
En vrai, ça, c'est fait. Donc ça m'aura pris un peu plus d'une semaine, mais si je voulais finir en janvier, j'aurais au final fait traîner ça une semaine de plus... tant pis. Le tome 12, c'est fini (faut le dire vite, nous reviendrons dessus au fur et à mesure de nos avancées, comme à chaque fois!). 

C'est l'heure de planter les graines pour le cycle suivant (Non, je ne vous dirai rien même sous la torture. Vous pouvez toujours tenter de me soudoyer au chocolat au lait, je resterai muette) et de réfléchir à de prochains archétypes de personnages, situations nouvelles, etc... avant les prochaines réunions pour le tome 13, en fin de premier semestre 2022
  • Vers un site internet - Acte 1
Le blog ne suffit plus. C'était un constat de fin d'année dernière, j'ai besoin de plus d'espace et surtout, de ménager un nid pour mon prochain gros projet de mafia pulp que-si-personne-en-veut-je-le-sors-toute-seule. En conséquences, je pose ce mois-ci les bases d'un tout nouveau site internet regroupant tous mes univers: nom de domaine, hébergeur, tout ça. Si je vous le dit, c'est moins un teaser qu'un couteau sous ma gorge: au moment de me mettre au boulot, je suis un lapin dans les phares. Si je ne me botte pas les fesses, je serai encore en train de tergiverser en juillet... 
  • Préparation du camp Nano - correction du dossier
L'année passée, j'ai pris la décision d'ancrer ma mafia pulp dans un calendrier définitif qui verra la sortie du tome un en 2024 au plus tard, avec ou sans éditeurs à ses côtés. Pour ce faire, j'ai pondu un dossier d'une soixantaine de page découpant TOUT. Les intrigues, les volumes, les persos, les arbres généalogiques, les interactions entre familles, la totale. Le bouzin a été relu par un bêta testeur spoilé pour l'occasion. Il me reste à boucher les quelques plot hole qui demeurent (heureusement peu nombreux) et à lisser mon découpage de tome un, histoire d'être bien sûr que cette quinzième version (!!!) sera la DERNIERE. Oui, là aussi, c'est plus un pistolet sur ma tempe qu'une vraie annonce. Ce premier tome a pour vocation d'être écrit en Camp nano d'avril. Hop hop hop. 
  • Nom de code #Anémones
Juste un synopsis, pour mon prochain roman de littérature générale, donc quatre cinq pages. D'une idée glauque et amère, les discussions avec ma moitié ont permis d'aboutir à un canevas plus positif, féministe et engagé, triste, mais important. On sous-estime toujours la place que prend les autres dans le processus créatif, mais moi je sais la chance que j'ai d'être bien entourée de gens avec des idées et du cœur. Ce roman, à l'ambiance entre Les âmes silencieuses  et L'enfant des tempêtes, est à nouveau une histoire familiale entre deux époques avec des vrais morceaux de campagne, de fantastique et de deuil dedans. J'ai hâte, mais ce sera sans doute pour le Nano de Novembre. 
  • Reprise d'#Odyssée
Que dire? Ce roman jeunesse entamé en 2017 n'est toujours pas fini, alors qu'il est écrit au deux tiers et qu'il me manque deux grosses semaines de travail pour en venir à bout. Je compte me les offrir ce mois-ci. Il le mérite. Donc relecture, lissage, reprise. Go go go! 


Je vous remet le moodboard de l'époque, pour la peine
#Odyssée



Mars


On continue sur la lancée...

  • Fin d'#Odyssée
Si j'ai bien bossé en février, il me restera cinq chapitre en gros pour enfin clore ce roman. J'espère que cette fois-ci, il ne passera pas à la trappe du calendrier trop chargé... 
  • Vers un site internet - Acte 2
Normalement, mars sera le moment de la réalisation concrète du site internet, architecture, liens, tout ça tout ça. Si ça ne se voit pas, mais je suis sûre que si, je n'y connais RIEN. C'est donc pour l'heure toujours le lapin dans les phares qui vous parle, mais il paraît que c'est facile, donc je me cacherai pour pleurer les larmes amères de mes inaptitudes, promis. 
  • Préparation du camp Nano - découpage du premier tome
Le premier tome de ma saga mafia pulp est déjà découpé, en vrai, mais je continue de penser que je peux l'améliorer, donc en mars je vais chercher et tâtonner toutes les ouvertures possibles jusqu'à trouver celle qui glisse le mieux. Comme c'est la dernière fois, je peux me permettre de prendre un mois pour ça. Après quinze écriture et plus de vingt ans de travail, inutile de vous dire que l'histoire, elle, bougera pas d'un iota. On est davantage dans le pourquoi/comment de la scène d'ouverture que dans son contenu... mais fin mars, il faudra que ce soit acté, décidé, et gravé dans le marbre parce qu'en avril, c'est Nano. 
  • Relecture d'#Odyssée
Si j'ai réussi à établir le point un de ce mois-ci, je tenterai la relecture de ce roman jeunesse court qui traîne depuis si longtemps afin de le balancer en bêta lecture dès le mois d'avril, quand je serai en Nano. D'ordinaire sur la saga de mafia, j'ai des lectrices qui suivent chapitres par chapitres mes réécritures, mais cette fois, j'aimerais assez leur balancer un tome un complet, donc elles attendront. Si j'ai de quoi les occuper avec #Odyssée, c'est un plus. 


Et le mois suivant... 


Bon, on va pas se mentir, à la base je voulais vous faire une to-do list sur les six mois, mais là déjà avec trois, ça vous donne du grain à moudre et moi je suis quand même sur le "possible" dès mars. Du coup, vous aurez la deuxième partie du semestre dans quelques temps, avec les annonces de sorties qui croustillent et les espérances de remplissage d'emploi du temps. 

Et peut-être même qu'à ce moment-là j'aurais des visuels à vous montrer? 

En tout cas, j'espère que le programme des réjouissances vous plaît. Si vous faites aussi le Camp Nano d'Avril, n'hésitez pas à vous signaler! 



A très bientôt


Mélanie Guyard - Andoryss






lundi 7 septembre 2020

Avis de Tempête

 Bonjour à tous!


Après vous en avoir parlé longtemps, après vous avoir détaillé le processus créatif, celui d'écriture et de correction, il est temps de vous annoncer la sortie du projet code #Tempête et de vous parler un peu plus de lui, de son essence vitale, de ce qui m'a pris aux tripes avant, pendant et après l'écriture. 

Où comment, sans le savoir, j’allais écrire un roman parlant du plus grand traumatisme de ma vie d'enfant pendant que je vivais le plus grand traumatisme de ma vie d'adulte, et sans faire le lien entre les deux événements avant d'avoir posé le point final. Des fois, l'univers sait mieux que nous comment on doit guérir, et quand. 


La première étincelle


Lorsque j'ai signé les Âmes silencieuses, mon éditrice m'a demandé si j'avais d'autres idées. J'en avais, mais rien de formalisé, et je me suis donc dépêché de pondre deux ou trois pitch, dont celui-ci: "Une mère et son fils tentent de reconstruire un équilibre familial après la mort du père. Et aussi, il y a une tempête". 

J'avais à ce stade une idée assez précise de ce que je voulais faire, un roman sur le deuil, la résilience, la culpabilité des survivants, la faillibilité des adultes, et le désir d'anéantissement qui saisit les enfants au sortir de l'enfance, justement; cette fascination du néant et cette fin de l'immortalité, vertigineuse. 

Et puis il y avait la tempête, LA tempête, en décors fantasmagorique, celle qui balaye tout, et avec qui le monde d'avant finit. Je suis de Charente Maritime, j'étais là-bas, je l'ai vécue. Pas dans l'île, c'est sûr, mais j'y étais. Unir les deux n'était pas une option, c'était une fatalité. 

Ces deux éléments centraux, je les ai tous les deux éprouvés. Contrairement au héros du roman, ils n'ont pas été simultanés dans ma vie, et je n'ai pas la même histoire que celle du petit garçon qui m'a accompagné pour l'écriture de ce roman. mais je lui ai prêté mes souvenirs, mes sentiments, et ma mémoire du vide et du vent. 

Mon éditrice, convaincue par différents éléments que je ne révèle pas pour ne pas vous spoiler, m'a donné son feu vert. J'ai fini les Âmes, travaillé à les corriger, et attendu leur sortie avec impatience... nous sommes alors fin 2018. J'ai hâte que mon premier roman sorte, et de passer à #Tempête. Mais une autre tempête, bien différente, envisageait déjà les choses autrement. 



La vraie tempête

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais début 2019, l'apocalypse s'abat sur ma famille. Tout est balayé pour se concentrer sur une catastrophe, aussi personnelle qu’inéluctable, et j’entrevois la traversée d'un enfer, borné d'insomnies, de terreur et de larmes. Le coup de massue met plusieurs jours à être digéré, puis la guerrière vient à mon secours, et j'affronte. Mais il n'est plus question d'écrire, il est question de lutter, de traverser l'horreur et d'en ressortir vivants et victorieux. Alors j'annonce un délai, tout le monde comprend, et j'affronte. 

Lorsqu'on rencontre un ouragan en pleine mer, on est seul. Bien évidemment, la radio peut, entre deux coups de semonce, nous transmettre le message des gens qui nous aiment et qui comptent, plein d'espoirs et de soutien, mais la vérité, c'est qu'on est seul et qu'on s'évertue juste à ne pas couler avant la fin de l'ouragan. 

Et ça a pris des mois. C'était à la fois atrocement lent, et abominablement soudain, tout le temps. Nous étions en famille, et nous avons affronté ce qui s'est présenté, les échéances, les rendez-vous, les calendriers et les nouvelles qui tombaient. Et puis, heureusement nous sommes ressortis de l'autre côté.

Et j'ai cru que j'étais indemne. C'était faux. J'étais autre. 


Le trésor des naufrageurs 


Quand j'ai voulu me remettre à écrire, ma plume était pleine de toute la douleur accumulée pendant des mois. Il a fallut tâtonner, essayer de contrôler la douleur d'avant que je voulais raconter pour qu'elle ne se laisse pas teinter par les couleurs de celle, présente, qui m'accompagnait au quotidien. Et c'était compliqué, très. Pourtant, cette fois encore, je n'ai pas fait le lien. 

Petit à petit, j'ai trouvé une voie entre les deux, une voie étrange, un peu différente de celle que j'envisageais, mais qui racontait l'impuissance et la tristesse, la colère et le renoncement. Une version, puis deux, puis trois. Je suis un animal de réécriture, je me suis acharnée à trouver les bons mots, et je ne me rendais pas compte que ce faisant, je recevais plus que je ne donnais. 

Quand le roman a été fini, il est resté un nouveau vide, ce calme après la tempête. Les deux s'achevaient en même temps, et pourtant, je ne liais toujours rien, séparant ma vie et mon roman sans voir le miroir. J'avais juste un sentiment d'achèvement, mais aussi ce vertige qui saisit quand on a été très concentré pendant très longtemps et que, passant la ligne d'arrivée, on ne sait plus comment vivre après avoir tant lutté. 

J'ai soufflé, dormi, digéré le vide, rangé les armes, essayé de lutter contre la paranoïa et accepté la fin du combat. Difficilement. Et alors, dans le calme revenu, j'ai vu. 


Le premier ciel bleu après l'apocalypse


Je me souviens, c'était cette année, il y a quelques mois, au cours d'un repas avec mon éditrice, ou nous faisions le points sur le roman, la vie, les corrections, la suite. A un moment, j'ai verbalisé cette idée du premier traumatisme écrit pendant que je vivais le second. Et j'ai vu l'écho, et j'ai vu qu'elle l'avait vu avant moi, et que peut-être tout le monde l'avait vu, alors que ce n'était pas planifié, ça n'aurait jamais pu l'être. 

Et je me suis demandée comment et pourquoi j'avais pu/voulu faire ça, comment je n'avais pas décidé de séparer définitivement les deux événements au lieu de m'entêter à les vivre en même temps, et la seule réponse que j'ai trouvé, c'est que je n'aurais pas pu écrire #Tempête autrement. Parce que si je ne l'avais pas écrit à ce moment, je n'aurais plus jamais pu l'écrire. 

Depuis l'enfer, il s'en est passé des choses, et celle qui compte ici, outre que j'en ai fini avec la peur et que tout le monde va bien, c'est que je ne vis plus du tout ce premier traumatisme de mon enfance de la même façon que je le vivais avant mon drame d'adulte. Quelque chose a changé, qui était nécessaire pour écrite #Tempête et qui a disparu, désormais. Et ça non plus, ça n'était pas prémédité. 

Mais je suis contente d'entrevoir la beauté du ciel après l'obscurité. 


Voilà. J'espère que vous me pardonnerez cette note très personnelle. Je m'étais juste dit que par honnêteté intellectuelle, je me devais de vous offrir les étranges ingrédients de ce roman que je me prépare à vous livrer. Je voulais également clore une période, celle de sa gestation, qui s'est accompagnée d'une lutte si intense, injuste et inégale, mais que nous avons quand même remportée. 

Voici ce qu'il en restera. 


L'enfant des Tempêtes 



Quatrième de couverture: 

"Charente-Maritime, quelques jours avant Noël. Le cœur de Mathieu, douze ans, n'est pas à la fête. 

Incapable de supporter leur domicile et la présence de la famille après la mort de son mari, sa mère a décidé de se réfugier dans leur maison de vacances sur l'île d'Oléron. Toux deux s'y retrouvent pour une semaine face à l'océan sous l'hiver, entre culpabilité et deuil. Dans l'espoir d'endormir sa peine et son incompréhension du monde des adultes, Mathieu s'échappe de la maison dès qu'il le peut et rencontre Corentin, un garçon de son âge. Jour après jour, les deux garçons explorent la plage, les blockhaus en décrépitude et les limites de leur courage. 

Mais bientôt, Corentin pousse Mathieu à des expériences plus extrêmes et le ciel se fait de plus en plus noir. Tandis qu'une tempête sans précédent approche des côtes françaises, une autre monte en lui, bien décidée à balayer son enfance. 

Et comment peut-on affronter l'obscurité quand on a douze ans?"



Chez qui ? Les éditions du seuil

Quand ? Le 8 octobre. Un roman de l'hiver. 



J'espère que ce nouveau roman vous plaira. Moi, il représentera pour toujours ma transformation, que j'aurais vécu sans jamais le réaliser en même temps que mon héros, si fragile et déterminé. 




A bientôt




Mélanie Guyard - Andoryss 

mardi 5 mai 2020

Biographie d'une correction - Analyse de la phase d'éditing de #Tempêtes

Bonjour à tous!

On remet ça? Puisque ça intéresse toujours quelques uns d’entre-vous, je vais vous détailler mon travail sur les correction/éditing d'un roman. Donc, je vous ai laissé à la fin du précédent article avec votre roman parti en bêta-lecture et en lecture chez votre éditeur. Nous allons voir ici ce qui se passe une fois que vous avez obtenus des retours sur le roman, et comment, dans mon cas, je fais pour compiler l'ensemble. Mais d'abord, commençons par quelques chiffres.
Pour #Tempêtes, voici ce qui ressort: 


Temporalité: 
Envoi du manuscrit: 12 avril
Début des retours: 13 avril
Retour édito: 20 avril
Fin des retours fixés en fonction de la fin des corrections
Début des corrections: 21 avril
Fin des corrections: 3 mai


Lectorat: 
 Pour #Tempête, j'avais 27 bêtas lecteurs (je tiens une liste pour offrir le roman à sa sortie) et j'ai reçu 14 retours, soit un peu plus de 50%.
Il y avait 
- 21 lecteurs types
- 5 lecteurs correcteurs
- 1 lecteur spécifique

  • Les lecteurs types sont des lecteurs qui lisent pour le plaisir et dont je n'attends rien de plus que l'avis global de fin de lecture. Ce sont généralement des amis, de la famille, et des collègues profs de français ou d'autre chose. 
  • 8 retours sur 21 envois
  • Les lecteurs-correcteurs sont des bêtas-lecteurs/éditeur/agent, des personnes qui vont me faire un retour détaillé dans le corps de texte, avec des annotations, des remarques et des corrections intégrées. 
  • 5 retours sur 5 envois
  • Le lecteur spécifique n'est pas obligatoire; ça dépend des romans. Les Âmes avaient été relus par des historiens. Ici, mon relecteur spécifique était un pédopsychiatre.  
  • 1 retour sur 1 envoi





Les retours des lecteurs types me servent surtout à prendre la température du lectorat. Qu'est-ce qui n'est pas compris, qu'est-ce qui est chiant comme la mort, qu'est-ce qui est long/court/incompréhensible/super, etc... C'est un avis précieux qui me sert par exemple à anticiper l’accueil du roman au grand public. Par exemple, je sais déjà qu'il est probable que Tempête parle moins aux gens que les Âmes. So be it.

Les lecteurs correcteurs ont un rôle plus actifs dans mon retravail. Tous ou presque fournissent une versions annotée du roman, ou en tout cas, un version commentée selon les points qui ont posé problèmes. Chacun à sa spécialité ; c'est pour ça qu'ils sont si nombreux: celui qui édite et qui, du coup, a raison (Si. Et ceci n'est PAS de l'ironie), ceux qui fonctionnent au ressenti, les Grands Maîtres de l'Orthographe, les logiques, les pointilleux... ce sont des gens que je connais bien et avec qui je travaille -presque- systématiquement. Leur retour à eux va me servir pour le travail effectif détaillé ci-dessous.


Exemple de retour de lecture de ma relectrice principale, louée soit son nom. 


Le lecteur spécifique, c'est particulier. Son rôle est de confirmer/infirmer ma vision d'un aspect précis de l'histoire. Ici, c'était la psychologie profonde du narrateur, qui est disséquée pour l'occasion. Il a tout validé et a même trouvé ça inspirant, j'ai fait des bonds partout. Je le remercie du fond du cœur d'ailleurs. Ce retour précis sert surtout la véracité du récit, et aussi la confiance de l'auteur quand il devra défendre son bébé.

Une fois que j'ai reçu la version annotée de l'éditeur, je peux passer au corrections. Par contre, même si d'autres relecteurs ont fini avant, je ne commence jamais à corriger avant d'avoir reçu la version de l'éditeur. 

Imaginez que vous modifiez un truc et que l'éditeur ne voulait pas, c'est autant de travail inutile. Votre temps est précieux. Soyez ordonné, et correction bien ordonnée commence par l'éditeur.




En vrai, il m'arrive de dire non à une modif, hein. 
On verra ça plus loin. 




Premier passage de correction: la surface

Durée: Courte - 2 jours

Détail des corrections effectuées: Légères

La première phase s'effectue sur le document envoyé par l'éditeur qui, à partir de maintenant, sera le document de travail. Sur ce document, l'éditeur note des informations/corrections/modifications en commentaires. Je passe rapidement d'un commentaire au suivant, et je mets en note les commentaires qui me viennent et qui correspondent à la situation. Oui, non, discussion. Cela me permettra de lister de ce que j'ai à faire à l'étape 2. 

A ce stade, je ne modifie pas le texte, ou très peu, si j'ai une fulgurance. Sinon, je me contente de mettre mes commentaires. Je vous ai mis quelques photos d'illustrations, concernant mes échanges avec ma merveilleuse éditrice à moi que j'ai. 



90% de mes réponses


2% de mes réponses



7% de mes réponses



1% de mes réponses, mais ça reste mes préférées. <3 




Cette relecture sert à me replonger dans le texte, d'abord, me remettre dans l'ambiance et mes personnages, et aussi à avoir une vue d'ensemble du chantier. J'ai également en tête, à ce stade, ce que les lecteurs les plus précoces m'ont envoyé, et ça me permet de voir les convergences/divergences. Voici comment je réagis aux différentes situations:
  • en cas de convergences des lecteurs avec l'éditeur: ils ont raison, j'abdique. 
  • éditeur seul: éditeur a raison si je suis globalement d'accord, sinon on discute (un peu)
  • plusieurs lecteurs: lecteur a raison ou on discute (un peu)
  • lecteur seul: je tranche seule. 


Fin de cette étape et avant la suivante: Discussion et to-do list. 

A la fin de cette étape, je discute avec les lecteurs avec qui j'ai besoin de discuter, et surtout, je discute beaucoup avec mon éditeurice. C'est là que ce négocient les changements qui vont avoir lieux, l'orientation du texte, la subtilité des modifications et les morceaux à enlever/ajouter. 

Ces différentes discussions me permettent d'y voir clair dans tout ce que j'ai à faire, et à la suite de ces interactions, je me dresse une to-do list de travail que vous trouverez, pour Tempêtes, en photo ci-dessous. A ce stade, je suis prête à passer à l'étape 2



Ici n'apparaissent que les modifications que j'ai décidé de suivre! 
C'est mon pense bête de travail. je coche ce que j'ai fait au fur et à mesure. 




Second passage de correction: le gros-oeuvre

Durée: Longue - 8 jours


Détail des corrections effectuées: Lourdes

C'est la vraie grosse étape de correction. Je reprend le document de travail et je commence à insérer les modifications dans l'ordre, ajouter, enlever, corriger, tout ça en suivi de modifications pour que l'éditeurice puisse reprendre le travail par la suite, parce que rien ne dit que ce sera la seule vague de correction, ahah. Je coupe, je modifie, j'insère, je tâche de ne rien oublier de ce qu'on m'a demandé, et je vérifie que chaque chapitre correspond bien à ce qui était attendu et répond à tous les éléments contestés avant de passer au suivant.

Comme je me suis mis des notes en commentaires, c'est facile pour moi de vérifier que j'ai bien rempli le cahier des charges.

Cette étape est, pour beaucoup d'auteurs, un passage difficile. La question de "sacrifier" son texte, ou un truc comme ça... j'avoue que je le ressens peu/pas. Je suis en train de peaufiner mon texte, et je ne doute pas qu'il en sorte meilleur. La question de ce que je coupe ne m'atteint pas l'égo, si tant est que le mien soit pas en position fœtale derrière une poubelle ; ça fait longtemps que je l'ai pas croisé.

En fait, c'est une constatation très simple qui me gouverne: AUCUN texte que j'ai un jour modifié a été MOINS BIEN à la fin. Les coupes et réécriture ont TOUJOURS AMÉLIORÉ le texte. Toujours.

C'est sûr que parti de là, on a moins peur de trancher dans le vif.


Fin de cette étape et avant la suivante: Relecture attentive

Une fois cette étape terminée, je fais une relecture globale du texte (Ce qui n'est pas facile, parce qu'il y a des suivi de modifications partout, des trucs raturés et d'autres réécrits, je vous jure c'est la plaie) pour vérifier que je n'ai pas de demi-phrases pas terminée ou de trucs sans verbes, n'ayant aucun sens. (Et ça arrive, plein. Surtout à cause de ce qui est détaillé dans la précédente parenthèse). Puis, je passe à l'étape 3.



Personnellement, j'y crois très fort. 
Et je ne cesse jamais d'apprendre, ni d'accepter plus de taff précisément pour cette raison. 




Troisième passage de correction: le polissage


Durée: Courte - 2 à 3 jours

Détail des corrections effectuées: Légères

C'est l'heure des corrections de finition: suppression des adverbes toujours trop nombreux, correction orthographique à l'aide de mon bêta-lecteur attitré, redécoupage des paragraphe au besoin, musicalité des phrases... on est dans l'esthétique plus que dans le travail de fond. Je prend le temps de savourer le texte et de rectifier l'assaisonnement, quoi.

Fin de cette étape et envoie: Relecture attentive

Je relis comme si j'étais lecteur et que je découvrais le texte. A ce stade, je ne fais normalement plus de grosse modifications, mais si un truc pêche, je le mets en note pour l'éditeurice, pour qu'iel sache que je ne suis pas 100% à fond sur le passage incriminé. Et puis j'envoie.

Et si ça se trouve, il y a d'autres modifs et on remettra ça. Et ce sera pas grave.

"Hâtez vous lentement, et sans perdre courage
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez-le sans cesse et le repolissez
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez"

Nicolas Boileau



Ceci est une métaphore visuelle. 
Sa pertinence est proportionnelle à mon degré de fatigue, je vous laisse seuls juges


Conclusion

Voilà! C'est comme ça que je bosse pour effectuer des corrections de roman. Comme toujours, il s'agit de ma méthode, et pas d'une règle générale, ou d'un chemin à suivre. L'important est de trouver ce qui vous correspond.

Et dans le cadre des corrections, attention: il est possible que vous ayez besoin de faire plusieurs passages en fonction de ce qu'en pense l'éditeurice avec qui vous travaillez.

Quoi qu'il en soit, j'espère que la lecture vous a plu, et on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures! 


Mélanie Guyard - Andoryss



jeudi 9 avril 2020

Biographie d'un roman - Analyse de la création de #Tempêtes

Bonjour à tous!

Mon estimé collègue et ami Mathieu Gabella  m'ayant demandé comment diable je m'y prenais pour écrire un roman, alors même que je venais d'annoncer que j'avais fini l'écriture de #Tempêtes, je vous propose ici une petite chronique d'écriture, sur les différentes étapes que j'ai suivi, et que je suis plus ou moins à chaque fois, parce que c'est ce qui me convient. Mais comme pour tout en écriture, il n'y a pas UNE méthode, juste celle qui vous va, donc prenez ce qui vous sert, et j'espère que cette lecture vous plaira. 

#Tempêtes, pour situer le contexte, est un projet de littérature blanche adulte destiné au Seuil, qui avait déjà publié les Âmes silencieuses en mai dernier. Je vous en avait déjà un peu parlé, notamment en août de l'année passée, ici, quand l'approche de la phase d'écriture se précisait. Voici ce que j'en disais alors: 

"Il y est question d'hiver, de vagues, d'obscurité des profondeurs, de bétons et de cœurs, de Noël et de vent, de solitude et d'amitié, de tempêtes et de terreurs. C'est un roman autour de la reconstruction familiale après le deuil, dans une île d'Oléron d'apocalypse. J'espère qu'il vous plaira. Vous pourrez suivre son avancé dans le What's up, ou bien sur la page Facebook, sous le nom de code #Tempêtes."



Moodboard, toujours



Bon, il a coulé de l'eau sous les ponts depuis, et le roman s'est finalement achevé hier, pour une deadline initiale prévue bien plus tôt mais glorieusement sacrifiée sur l'autel des aléas de la vie. Je vais ici tenter de retracer les dates essentiels, les outils mis en oeuvre et les différentes étapes de l'écriture, afin que vous puissiez, le temps d'un post, vous mettre dans mes chaussures. En avant! 


Avant-propos


Introduction - Définition du projet

C'est un projet de littérature générale, initié au moment de la publication des Âmes silencieuses et déterminé comme étant mon "prochain projet".

Temporalité: 
Idée originale: Décembre 2018
Début de rédaction initialement prévu: Mars 2019
Début de rédaction réel: Septembre 2019
Fin de rédaction: Avril 2020
Date de parution envisagée: Automne 2020

Outils: 
Papier, carnet et crayons, plein, pour les prises de notes de départs. Pour la rédaction, Word. Je sais que ça fait des siècles que je suis censée passer à Scrivener pour la rédaction, mais le temps à dépenser pour la maîtrise de ce nouvel outil ne s'est pas encore présenté à moi...

Recherches: 
Le roman parle de lieux et de situations que je connais bien, néanmoins, j'ai effectué des recherches sur le sujet, en me rendant sur place et en faisant appel au Grand Dieu Internet. Comme les recherches, je n'aime pas ça, il faut savoir que je les ai faites au fur et à mesure des besoins, que Google Map a beaucoup aidé, et qu'elles n'ont aucunement précédé l'écriture, mais ont été conjointes.
Les sources sont donc:
- ma mémoire
- ma mère
- Internet
- ma mère
- la carte IGPN d'Oléron
- ce site merveilleux: https://maree.shom.fr/
- encore ma mère
- les habitants de l'île, amoureusement réunis grâce à la formidable Librairie des Perthuis
- le site de l'INA.

Horaires: 
Pas vraiment fléchés. En période scolaire normale, le lundi et le vendredi sont dédiés à l'écriture. J'en retire généralement 4 à 6 heures de travail effectif.
En période de vacances, confinement, etc, j'écris quand je peux. Le soir, après le coucher de mon mini-moi, pendant la sieste quand elle daigne en faire une, quand ma moitié s'en occupe... je me ménage AU MOINS une plage horaire par jour. Que j'utilise, ou pas, mais qui est là au cas où.

Rythme:  
Le Nanowrimo a changé ma vie. Je fais à peu près 1200 mots/demi-heure quand je suis à fond, 800 quand je traîne. J'écris au kilomètre, quitte à effacer/refaire douze millions de fois. Je ne reste JAMAIS à ne rien écrire devant mon doc. La page blanche n'existe pas.
J'ai des phases difficiles, comme tout le monde, et des phases boulimiques, à 8000 mots/jours. Faut s'écouter, mais essayer même quand ça rame. En tout cas, c'est ce que je fais.

Routine d'écriture:  
Si je débute un nouveau chapitre, je relis le précédent. Si je prends en cours, je relis le début. C'est tout. Et je fais un thé, sinon.

Méthode:  
Mon écriture est TOUJOURS chronologique, sauf en cas de prologue/épilogue qui sont souvent écrits à part, à un autre moment qu'au début/à la fin.
Si je heurte un cul de sac, je recule jusqu'à la dernière scène dont je suis certaine, et je refais tout. Je suis la Pénélope d'Ulysse, je détricote beaucoup.

C'est bon, on y va?



En avant! 


Genèse - avant l'écriture

Idée source

L'idée source est ancienne et le pitch est en gros: "Un enfant et sa mère dans une île tentent de reconstruire une unité familiale après un deuil soudain. Et aussi, c'est Noël, et il y a une tempête". 

Cette idée, je la saisis quand il faut que je détermine un nouveau projet après les Âmes à soumettre au Seuil. Nous sommes en décembre 2018. J'entreprends de la creuser. 


Creuser son idée

Pour moi, ça correspond à répondre à un certain nombre de questions essentielles: 

POUR LE TEXTE
- qui est le narrateur? 
- où est-ce que ça se passe? 
- quand est-ce que ça se passe? 
- qui sont les autres personnages? 
- qu'est-ce que ça raconte? 
- quels sont les événements clés, les moments marquants, les plot-points? 
- comment ça se termine? 
- qu'est-ce que ça signifie, pour le narrateur, cette histoire? 

POUR MOI
- quelle est l'ambiance?
- qu'est-ce que je veux ressentir/faire ressentir? 
- quel est le ton? 
- quel est le volume de mots envisagé? 
- comment je veux raconter ça? 

Une fois que je suis satisfaite, et que mon idée ressemble à une belle pâte bien ferme qui fera un beau pain, que je n'ai négligé aucune question et que je sais exactement ce que contient la marchandise, plop, synopsis. 


Synopsis - 1 à 2 pages

Il s'agit bien d'un synopsis complet, factuel, ordonné, des événements qui vont se succéder dans le bouquin. C'est ce que je ferai qui ressemblera le plus à un plan avant de me lancer. Je vais de ma situation initiale A aux différentes péripéties qui animent le corps de texte B jusqu'à ma situation finale C. On reviendra sur B, comme Bâtard, qui est une étape où ahahahahaha je ne fais JAMAIS ce que j'ai écrit dans le synopsis, et où, généralement, je réécris 12 fois tous les chapitres concernés. Mais n'empêche que le synopsis, je le fais. L'éditrice me dit oui/non/autre, et je lance la moulinette. 


La moulinette - à la louche, bien 2 mois en ce qui me concerne. 

Sauf pour les Âmes, qui sont venu entières, mais sinon, on infuse. C'est la moulinette, parce que le cerveau mouline en continue, étire la pâte, la plie, la replie, la triture, fait des boulinettes avec, les réintègre ou les jette... bref, je cogite. Pendant cette période, je définis: 

POUR LE TEXTE
- Nom, âge, apparence, famille, caractéristiques des personnages 
- Lieux, dates, décors, éléments de contexte
- Succession chronologique des chapitres qui volera en éclat en cours de route et c'est pas grave

POUR MOI
- Mon style. Je teste, je tâtonne, j’affûte, je définis ce qui coule le mieux. 
- Ma playlist. Quoi? j'écris en musique, et j'ai besoin d'avoir ma musique d'ambiance avant d'écrire. Donc pendant que je mouline, je teste sur YT, et je récupère ce dont j'ai besoin pour me faire un petite playlist qui va bien. Ci-dessous, le premier titre à avoir rejoint la playlist de #Tempêtes. 




Gai, riant, léger. 




L'étape de la moulinette peut-être très longue, parce que ce qui paraissait simple et défini au départ peut donner lieu à des allers-retours selon ce qu'on définit après. Par exemple pour les Âmes, l'écriture de l'arbre généalogique m'avait forcé à revoir l'âge des personnages impliqués, et à choisir si je racontais sur 2, 3 ou 4 générations. Ici, il y a eu quelques allers-retours, mais rien de transcendant. Le temps perdu ne l'a pas été sur la moulinette mais sur les aléas de la vie du dehors qui a œuvré très fort pour que ce roman soit retardé. Si si.

Il ne faut pas hésiter à prendre son temps, cependant. Tant que rien n'est fixe, que les billes ne sont pas tombé au bon endroit et que ça n'a pas fait clic, on mouline. Et tant qu'on mouline, on n'écrit pas. Il est impératif de laisser tout retomber au bon endroit avant de se lancer, sinon les bases sont instables, et on risque de se créer de futurs problèmes, qui feront douter de TOUT au moment de l'écriture.
Donc, il n'y a que quand vous ne voyez PLUS RIEN à ajouter aux éléments de décors et de personnages, que vos marionnettes sont rutilantes et votre décors, parfait, que vous pouvez envoyer. Comme ça, quand vous rencontrerez des difficulté à l'étape B comme Bâtard, parce qu'en ce qui me concerne, ça arrive chaque F***ING TIME, vous réfléchirez structure en paix, sans renverser les fondations et la table dans la foulée.

A ce stade, vous êtes sûr de ce que vous voulez écrire et comment.

Dites-vous quand même que ça PEUT (spoiler: va) CHANGER. Et ce ne sera pas grave. On respire, on y va.






Premier jet - pendant l'écriture


Choisissez un logiciel qui vous convient, et que vous maîtrisez. ne vous rajoutez pas des difficultés, pitié... si vous voulez maîtriser un nouveau logiciel, faites-le sur un roman que vous avez DEJA ECRIT et que vous voulez réécrire. Vraiment. Et maintenant, en route.


Phase A: Mise en place, situation initiale

Mettez votre document en forme, numérotation, police, typo Normale et pied de page, la totale. Quand on veut créer un truc, on range l'atelier avant de commencer.

Normalement, vous êtes au stade ou vous avez ENVIE d'écrire. Après le passage de la moulinette, le roman existe dans votre tête et vous avez envie de le voir en vrai, de l'écrire, parce que ça va être super et que du coup, on a hâte. les premiers chapitres sont généralement faciles et riant. Deux éléments cependant:

- Vous pouvez rencontrer des doutes sur le style que vous avez choisi: temps (passé/présent), personne (je/il), point de vue... pas de panique:  on teste sur quelque page et si c'est bancal, on essaie autre chose. On est là pour tester et trouver la voie/voix qui va bien.

-Vous pouvez insérer des scènes/pas démarrer là où vous aviez prévu. Aucune importance: c'est quand on se met à écrire qu'on se confronte au plan qu'on avait fait dans notre tête, c'est normal qu'il évolue. On n'est pas obligé de remettre en question tout le reste.

Ces deux éléments réglés, tout va rouler, normalement. Ne vous forcez pas à avancer tant que vous n'avez pas ce début qui coule de source, où c'est stable, et où vous avez le style et le départ. Quand vous avez ça, le premier tiers, je dirais, coule tout seul. Jusqu'à la première péripétie un peu épineuse, à peu près.

Pour #Tempêtes: chapitres 1 à 7
Septembre 2019 - Décembre 2019

Deux changements de temporalité et de voix, + un changement structurel.


Phase B comme Bâtard: Milieu, corps de texte. Erase/Rewind

C'est LA phase terrible, chez moi. Celle où je sais à peu près ce que je veux, mais où le COMMENT est flottant. J'ai la locomotive et le waggon de queue, mais l'ordre dans lequel je veux attacher les autres, ça!

Généralement, je n'ai pas écrit en phase A exactement ce que j'avais prévu, mais bien ce que je voulais. J'ai mis du temps à trouver mon style, et ma voix. Du coup, la phase B telle que je l'avais pensée est déjà bancale. Mais ce n'est pas grave, j'ai une poignée de chapitre, si ça a été laborieux de 1 à 3 les quatre derniers ont roulé tout seuls, je suis à fond, je poursuis.

Las! Assez rapidement, je rencontre le premier écueil. Au bout de quelques chapitres, je sens que je fais fausse route. Et là, une seule solution s'impose: on revient en arrière et on recommence. En ce qui me concerne: PLEIN DE FOIS. Je garde une trace, que je vous transcris par conséquent fidèlement ci-dessous.

Pour #Tempêtes: chapitres 7 à 16
Décembre 2019 - Avril 2019

Six versions, trouze millions de réécritures et de réagencement de scènes à l'aide d'une armée de post-its tombés pour la cause.


  • Tempêtes 2.0: arrêt au chapitre 10, retour au 6, réécriture. - 2 ou 3 bricoles flottantes, rien de grave, je vais y arriver. 

  • Tempêtes 2.5: arrêt au chapitre 13, retour au 6, réécriture. - Bon, non, ça ne marche pas. On réessaie. 


  • Tempêtes 3.0: arrêt au chapitre 10, retour au 8, réécriture complète. - Ok, je fixe le début. le début ça va. Bon, on recommence, on va s'en sortir. 

  • Tempêtes 3.5: arrêt au chapitre 12, retour au 8, réécriture. - Nan mais si, c'est pas mal, le début ça va, mais là.... c'est les montagnes russes au niveau de la tension dramatique. Range ta chambre, Mélanie! 

  • Tempêtes 4.0: Réécriture des chapitres 9, 10, 11, 12 et 13... genre deux ou trois fois, en entier - Et comme ça? Nan, c'est moche. Et là? RHAAAAAAA. 

  • Tempêtes 4.5: Patchworck! Découpage des scènes, réagencement, réécriture des chapitres 9 à 14 - Vive les post-its. Bon, ça j'aime bien mais ça devrait venir après. Et ça, c'est redondant. Qu'est-ce que je préfère? Et ça ça vire. Hum, ça c'est plus cohérent. On revient en arrière et on corrige. J'EXIGE QUE TOUT FONCTIONNE, BORDEL!  

  • Tempêtes 5.0: Patchworck de nouveau ! Découpage/ajout/suppression de scènes, réagencement, réécriture des chapitres 9 à 15 - Bouhouhouhouhou, faites que ça marche, cette fois. Je-vais-raccrocher-mes-waggons ! Encore un effort.

  • Tempêtes 6.0: Patchworck une dernière fois. Réécriture des chapitres 9 à 15.  Découpage/ajout/suppression de scènes, réagencement, passage de Climax et descente.  - C'est moi ou ça marche? Mais oui, ça tient...la vache ça tient! YOUHOU! 


Phase C: la descente/l'euphorie

Je suis en haut de mon échelle à toboggan, plus qu'à descendre. C'est la phase d'euphorie, j'ai réussi, je suis de l'autre côté du Climax, j'ai battu le boss de fin, j'ai un ensemble cohérent jusqu'à ma scène finale, je suis joie et bonheur, et généralement c'est le moment où j'avale les chapitres.

La phase C est très souvent à refaire entièrement à la réécriture, parce que c'est une phase de relâche totale où je suis trop heureuse pour être objective. Elle contient la résolution et décompression et s'écrit souvent en une poignée de jour. Généralement, je ne la réécris pas en cours de route; j'attends la relecture globale pour avoir un regard linéaire sur l'ensemble et la juger à l'aune de ce regard.

Pour #Tempêtes par exemple, les chapitres 19-21 ont été écrits.... en une journée. Hier.

Pour #Tempêtes: chapitres 17 à 21
Avril 2019


Survivre à la fin

Juste avant d'entamer la réécriture, je définis ce que je vais faire APRES. Ce n'est pas grand chose, juste une idée de planning, poser une envie, une échéance, de façon à ne pas tomber dans le vide à la fin du projet. C'est généralement ce qui me motive à passer en mode correction tout de suite, et à avancer. Mais chacun son envie/sa méthode.








Corrections - après l'écriture


Dès le lendemain: on est repartis! Chapitre 1, relecture, thé, gâteaux. On laisse pas le récit retomber, et je vous explique pourquoi.


Relecture immédiate: bénéfices et conséquences

La relecture immédiate a plusieurs avantages:

- Vous êtes super positif/heureux. Vous avez réussi, vous avez fini, youhou! Victoire! En relisant dès à présent vous êtes dans une attitude morale qui vous aidera à dépasser les petits défauts que vous croiserez: vous ne vous effondrerez pas, parce que vous êtes content. Vous corrigerez. Si vous laissez le gâteau reposer, vous allez vous mettre à avoir peur. La joie d'avoir fini va retomber, vous allez vous demander si c'est aussi bien que ça, et quand vous commencerez à relire, vous serez plein de doute, et pas d'enthousiasme. Croyez moi, ça compte sur le résultat et l'énergie que vous pourrez déployer dans ces corrections.

- Vous êtes PLEIN de votre champ lexical. Vous sortez juste de votre bain d'écriture, vous maîtrisez le vocabulaire dédié, et donc, toutes les répétitions vont vous sauter à la gueule. C'est tant mieux: vous y épurerez votre style plus efficacement.

- Vous êtes dedans: on le dit pas à voix haute, mais ne pas finir les corrections, c'est ne pas finir vraiment. Vous aurez quand même un sentiment d'inachevé, qui va augmenter avec le temps. Ne le laissez pas s'installer, finissez pour de bon, corrigez, et lâchez ce projet pour en prendre un autre, parce que vous pouvez. De cette façon, votre esprit sera plus libre et la case occupé par cette histoire, libérée (délivrée).


Donc, vous reprenez votre livre, et vous le LISEZ. Oui, vous êtes votre premier lecteur. Vous n'êtes plus en train de l'écrire, vous êtes LECTEUR. Avec un droit de modifications. Avouez que vous en avez toujours rêvé.

En réécriture, on peut ajouter/enlever des paragraphes, changer tout ce qui nous dérange, mais normalement, ou en tout cas en ce qui me concerne, les modifications ne sont pas structurales. Je repeins les volets; je ne modifie pas le plan de l'architecte.

Si la maison ne tient pas debout, cependant, dommage: retour à la case départ, on reprend les mêmes et on recommence. Et ça arrive. Et c'est le métier qui rentre. On est tous passé par là. Revenez à l'étape A, et au travail. Prenez quand même un câlin en passant.

Pour les autres, on lit d'une traite, jusqu'à la fin, et après on LÂCHE (si). Je ne relis jamais une seconde fois parce que si je le fais, j'ai remarqué que je deviens inutilement pointilleuse et pleine de doutes. Donc je ne m'autorise qu'une seule relecture. Après, place aux bêtas lecteurs.



Les bêtas lecteurs

Je sélectionne des gens, je leur demande s'ils veulent bien, et je leur fous mon roman dans les pattes. Pour #Tempêtes, j'ai une poignée de bêtas lecteurs habituels, plus quelques nouveaux pour des orientations spécifiques à ce roman, et dont le regard de professionnel est précieux. Je leur envoie, et je laisse faire. Je ne réclame rien. Je sais déjà sur quoi je veux bosser après, donc je passe au projet suivant, et je laisse les lecteurs faire leur taff, ou pas. J'ai parfois moins de 50% de retours. Au bout d'un certain temps, quand j'estime que je n'aurais pas plus de retour, ou que j'ai fini avec le projet suivant, je reprends tous les avis reçus, et c'est parti pour la deuxième relecture.


La dernière relecture

Si un bêta lecteur a un avis avec lequel je ne suis pas d'accord, on discute et je décide. Si deux bêta-lecteurs soulèvent le même point, ils ont raison, et je corrige sans discussion. A partir de 2 à ressentir la même chose, je décide que c'est significatif.

Je fais donc ma dernière relecture uniquement avec les avis des bêta-lecteurs. Moi, personnellement, je ne me mets pas en travers du chemin. Les corrections que je voulais apporter sont censées être finies.

Une seule exception: en cas de scène problématique soulevée plusieurs fois, évidemment, je réécris.


Le lâcher-prise

Cette seconde relecture terminée, vous avez FINI.
La place de ce projet n'est plus dans un placard, vous avez fait le nécessaire. Soit c'était pour vous, et vous le gardez au chaud, soit c'est pour un éditeur, et il faut l'envoyer. A qui et comment, on verra ça dans une autre note de  blog, si vous voulez.


Pour #Tempêtes, j'envisage que cette phase soit terminée fin mai MAXI.
Et mon éditrice sera dans les bêtas directement.

Lorsque vous atteignez cette étape, laissez ce livre vivre sa vie. Bien évidemment, l'éditeur demandera des corrections, mais c'est une autre histoire, une autre phase, une mutation. Vous pouvez en tout cas être fier de ce que vous avez accompli.







Conclusion

Voilà! J'espère que cette note de blog vous aura aidé. N'hésitez pas à intervenir si vous avez des questions en commentaires, je tâcherai d'y répondre au mieux. Souvenez-vous que c'est ce que je fais, pas une règle immuable, et que toute méthode qui vous convient est une méthode VALIDE.

Je vous souhaite bonne écriture et bon courage dans ce confinement qui n'en finit pas. Et on se retrouve bientôt pour suivre l'aventure de #Tempêtes!

Bonne journée et à très vite



Mélanie Guyard - Andoryss