samedi 21 mai 2016

Les Enfants d'Evernight, la fin - Mai (2)

Bonjour à tous!


Dans le courant du mois de mai, j'ai achevé l'écriture du troisième roman des Enfants d'Evernight, intitulé La promesse de Camille. Ce troisième volume met fin à la série pour le roman. Pour la BD, il faudra patienter encore un peu, car elle se terminera en quatre tomes! Mais malgré tout, il y a un sentiment d'achèvement quand on termine une histoire aussi longue, et qu'on a porté aussi longtemps. 





Le chara design final des personnages, en 2009...
il y a 7 ans! 


Les Enfants d'Evernight est une aventure qui a commencé il y a presque dix ans, maintenant, par la rencontre avec Marc Yang, sur le forum du Café Salé. J'avais juste jeté les bases de l'histoire de Camille, alors, et je cherchais un illustrateur pour réaliser des illus pleine page pour un roman jeunesse court... mais quand Marc a craqué sur le pitch, on s'est réorienté vers un manga, et il a fallu développer le monde, les personnage et les péripéties. En 2008, on poste l'avancée des travaux sur le forum et David Chauvel nous remarque. En décembre, on signe le contrat. En septembre 2011, il y a presque 5 ans, sort le volume 1 de la BD. Evernight m'accompagne depuis tellement de temps qu'écrire enfin la conclusion de ce périple m'a tiré deux ou trois larmes. Mais je suis contente, ça en a tiré aussi à ma bêta-lectrice. 



Illustration pleine page pour 
La Fabrique Delcourt



L'écriture de ce troisième roman, gérée en grande partie en Nano l'année passée (et celle d'avant, d'ailleurs) a été douce et triste comme un adieu. Il n'y a pas eu de souffrance, parce que j'ai accompagné les personnages tellement longtemps que je portais la fin de cette histoire en moi depuis des années. J'avais appris à la connaître, et à l'accepter. L'écrire a été non pas un soulagement, mais un cadeau que je me faisais, et que je faisais aussi aux personnages.
J'avais la sensation de pouvoir leur dire "Regardez, enfin! Les gens vont savoir, ils vont comprendre." et c'est comme si j'avais donné un sens aux aventures de mes quatre héros en mettant un point final à celles-ci. Il y a longtemps qu'ils attendaient ça, et moi aussi. Pas parce que j'étais fatigué de cette histoire, loin de là! L'univers d'Evernight m'a rarement autant porté que maintenant qu'il est achevé. Non, c'était juste une volonté, que je retrouve à chaque fois que je clôt un projet, de rendre celui-ci complet, auto-suffisant, parfait. Et après, le laisser s'envoler. 




S'envoler, on a dit. 



Vous devriez découvrir la suite -et la fin- des aventures de Camille dans le courant du mois d’août de cette année. En attendant la sortie du troisième et dernier roman, voici un court extrait de celui-ci, juste pour le plaisir : 

"
    Big Ben, murmura-t-elle enfin, acceptant l’impossible. C’est Big Ben.
C’était bien la même, démesurément plus grande. Plus ils se rapprochaient, plus cette certitude s’affirmait sous leurs yeux. Les flancs ouvragés de la grande dame montaient en lignes parallèles, et les sculptures qui les ornaient ne parvenaient pas à en alourdir l’aspect. À une bonne centaine de mètres au-dessus des flots, des plantes grimpantes dont le vent ou les poissons avaient dû apporter les graines au cours du temps, prenaient racine dans la pierre ocre et les reliefs dorés de sa structure. La vigne-vierge, le lierre, la glycine et la passiflore, toutes les essences semblaient déterminées à s’accrocher à la tour pour la parer d’une robe d’émeraude et de pourpre. Les tiges montaient à l’assaut du cadran, œil unique d’un blanc de nacre où les aiguilles sombres accueillaient les premières heures de la journée dans leur retentissant hommage. Le ballon semblait dérisoirement petit comparé à ce disque brillant, d’un blanc irisé de reflets colorés, sur lequel les chiffres noirs  et les aiguilles découpaient une superbe dentelle. Lorsque le vaisseau des enfants perdus passa dans l’ombre de l’édifice, la température baissa de quelques degrés et la solennité de la tour les engloba tout entiers. Les poissons, en s’enfuyant par milliers, peuplèrent le ciel de constellations éphémères.
Camille frémit. Elle n’entendait plus rien en dehors du tintement des cloches. Ils étaient si proches à présent qu’il n’était plus possible d’appréhender la tour dans son ensemble, mais son image était marquée au fer rouge dans sa mémoire d’Anglaise. La présence omniprésente de Big Ben la happa, la projetant au milieu de ses souvenirs. Tandis que le fracas des cloches cessait et qu’Andrew manœuvrait délicatement leur véhicule pour venir le poser, petite bulle insignifiante, au ponton d’amarrage situé près du cadran, un silence retentissant les enveloppa. Camille avait la sensation que tout le monde pouvait entendre les battements de son cœur.
    Mathias aussi l’appelle Big Ben de temps en temps, commenta North d’une voix neutre. Pour nous autres, elle reste la tour de l’horloge.
Camille se tourna vivement vers le Vendeur de Nuit.
     Mathias est anglais ? demanda-telle.
North opina, impassible. Seuls les mouvements chaotiques du Tulpa sur ses bras trahissaient son émotion. Le nez au vent, les yeux perdus vers le sommet du monument dont le bruit des rouages leur parvenait chaque seconde plus clairement, elle souriait.
    Nous ne sommes pas seuls, dit-elle d’une voix amusée.
Camille suivit son regard et oublia de respirer. Debout sur l’une des aiguilles, cape au vent et lunettes de vol bien en place, le Marchand de Sable les attendait.   "



Farewell, Camille...


Voilà. C'est encore un extrait de travail, l'éditing du projet n'est pas terminé. Mais j'espère que ça vous donnera un avant goût du roman, et envie de découvrir la fin des aventures de Camille. 


Sortie en août 2016



Je vous dis à très vite, pour suivre les -nombreuses- sorties de ces trois prochains mois. 

Andoryss

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